Les années de Coupe du Monde de football semblent inspirer Blind Guardian. C'est vrai, les quatre derniers albums des Allemands ont tous vu le jour la même année que cette prestigieuse compétition, soit un délai de quatre ans entre chaque album. Une éternité pour les fans… Mais que dire à l'écoute d’At The Edge Of Time qui voit Blind Guardian pousser la complexité de A Night At The Opera encore plus loin ? On sait que nos Bardes du Metal sont de grands perfectionnistes et il est clair que ce nouvel album a été travaillé en profondeur, jusque dans chaque infime détail. 

Si le groupe n'en est pas encore à nous proposer son fameux album orchestral en travail depuis des années, les orchestrations occupent une place toute particulière dans ce nouveau disque comme le montre d'entrée le grandiloquent et épique « Sacred Worlds » et son refrain majestueux, qui a tout pour devenir une pierre angulaire du répertoire de Blind Guardian. Car le groupe semble s'amuser de cette complexité apparente en lançant son album par un monument de presque 10 minutes et en le refermant par le très oriental « Wheel Of Time », lui aussi, copieux titre approchant les 9 minutes de musique. Des morceaux parfaitement arrangés qui imposent le respect. Mais évidemment, il faudra savoir passer outre le petit manque d'accessibilité de l'album grâce à de nombreuses écoutes minutieuses pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur. Il ne fait nul doute que Blind Guardian vient de réussir à accoucher d'un album terriblement abouti et fouillé, son meilleur disque selon le chanteur Hansi Kürsch. Nous ne partageons peut-être pas entièrement cet avis, At The Edge Of Time ne révélant pas vraiment d'hymne immédiat (à part peut-être « Sacred Worlds » dont nous vous parlions en début de chronique ou « A Voice In The Dark »). Mais le groupe réussit aussi un disque vraiment varié où il mélange intelligemment tout ce qu'il sait faire de mieux. Nous avons donc droit à des titres plus directs comme « Tanelorn (Into The Void) », ou encore « Ride To Obsession » dont l'intro nous rappelle grandement le classique « Journey Through The Dark ». Saluons également la prestation d'Hansi qui, s’il a pu connaître quelques problèmes en live ces dernières années, est absolument au niveau sur cette nouvelle offrande. Et que serait un album de Blind Guardian sans la ballade aux sonorités celtiques ? Le groupe n'oublie donc pas ses fans avec la chanson « Curse My Name » qui nous rappelle l'époque de Nightfall In Middle Earth

Cependant, avouons que malgré une qualité exceptionnelle, la durée de l'album pourra faire peur aux moins aventureux puisque la chanson la moins longue approche les cinq minutes, le reste des chansons devant en faire en moyenne six... Mais, après quatre ans d'attente, il est aussi normal de savoir en donner aux fans pour leur argent. 

At The Edge Of Time est donc un album véritablement ambitieux et réussi de la part de Blind Guardian qui rassurera les plus exigeants qui avaient été déçus par A Twist In The Myth et qui devrait plaire à quiconque se laissera guider à travers ses chansons toujours enchanteresses et d'une incroyable densité. Assurément un très grand groupe !