L'an dernier, en apprenant qu'Accept était de retour sans Udo Dirkschneider, nous criions au scandale... Surtout que le groupe engageait un parfait inconnu en la présence de Mark Tornillo. Alors évidemment, les Teutons prêts à reconquérir le monde nous assénaient de communiqués enthousiastes vantant les mérites de ce come-back presque inespéré après la tournée estivale de 2005. En éternels insatisfaits, nous n'étions toujours pas convaincus et même encore plus sur nos gardes. Mais vint forcément l'inévitable, le retour sur les planches de la Légende, le 8 mai 2010 à New York City. Et grâce aux bienfaits de l'internet, nous avons pu jeter un coup d'oeil rapide à cette prestation et que dire ? Le quintet semblait motivé comme rarement et la magie opérait ! De plus, Tornillo sonnait « presque » comme Udo. De quoi finalement attiser les envies de poser nos deux oreilles sur ce Blood Of The Nations, produit par le réputé Andy Sneap et dont la sortie avait été retardée.

Et là encore, nous sommes pris à la gorge. Accept n'a pas pris une ride. Le groupe arrive à convaincre (et plus encore) sans dévier de ce qui a fait ses lettres de noblesses et en étant ancré même dans l'air du temps, avec une production colossale et des passages plus « posés » encore jamais proposés par la formation. On sera donc surpris de cette envolée de Mark Tornillo (qui se montre plus versatile que son prédécesseur) sur « The Abyss », une chanson plutôt épique introduite par un riff monstrueux. C'est vrai... Comment résister à ces riffs incisifs et ces solos entraînant envoyés par ce génie de la six-cordes qu'est Wolf Hoffmann. On reconnaît tout de suite les rythmes martiaux propres au groupe ainsi que les chœurs « à l'allemande » comme sur le titre éponyme, « Blood Of The Nations » ou encore sur « Shades Of Death ». Et si nos Allemands se montrent un peu moins provocateurs que par le passé dans leurs paroles (Gaby, la femme de Wolf ayant laissé cette tâche à Mister Tornillo), des titres comme « Beat The Bastards » ou « Teutonic Terror » n'y vont pas par quatre chemins, musicalement parlant aussi. Car oui, malgré cette semi-ballade qu'est « Kill The Pain », inutile de dire qu'Accept a changé son fusil d'épaule et s'est mis à faire dans la finesse, ça n'est pas le cas.

Alors certes, l'album comporte douze morceaux (treize pour l'édition digipack) pour près de 70 minutes de musique, ce qui peut paraître beaucoup pour l'auditeur mais Predator, le précédent album d'Accept (d'une qualité discutable) n'est-il pas sorti il y a seize ans déjà ? Voilà donc de quoi combler une attente considérable. Et qu'on ne nous parle pas d'un retour de Dirkschneider suite à cet album (même si cela reste forcément présent dans tous les esprits), le groupe semble juste ne pas en avoir envie. Car si Blood Of The Nations est une continuation de Restless And Wild et Balls To The Walls comme aiment le rappeler Hoffmann et Peter Baltes, il n'en est pas moins un nouveau départ pour Accept, relançant le groupe avec du sang neuf, de nouvelles envies et au sein d'un siècle nouveau !
 
Voilà donc douze brûlots de haute qualité, tous plus efficaces les uns que les autres et qui transforment un come-back douteux en une vraie réussite. Nous qui en doutions pourtant... Surtout après avoir vu U.D.O. au dernier Knock-Out Festival mais comme on dit, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. La rigueur allemande, il n'y a que ça de vrai !